AVIS relatif à la recherche de BMR/BHRe dans les environnements humides (incluant siphons et toilettes)-COPERMIC 30 mai 2026
La SF2H publie un avis relatif à la recherche de bactéries multirésistantes aux antibiotiques - BMR - et de bactéries hautement résistantes émergentes - BHRe - dans les environnements humides des établissements de santé, incluant notamment les siphons, bondes, douches et toilettes. Certaines bactéries, comme les entérobactéries, Pseudomonas aeruginosa ou Stenotrophomonas maltophilia, présentent une capacité particulière à coloniser et persister dans ces milieux hydriques.
Cet avis vise à préciser les modalités pratiques de prélèvement et d’analyse des échantillons environnementaux, dans un contexte où les recommandations spécifiques restent limitées.
La SF2H rappelle que ces prélèvements ne doivent pas être réalisés de façon systématique, mais prioritairement dans des situations épidémiques non contrôlées.
Ils sont particulièrement pertinents lorsque la BMR ou BHRe recherchée est déjà connue, caractérisée, et susceptible de persister dans l’environnement.
L’objectif est alors d’identifier d’éventuels réservoirs environnementaux pouvant participer à la transmission bactérienne.
Le document insiste sur l’importance de définir clairement les objectifs des prélèvements : recherche qualitative d’un réservoir, quantification d’un inoculum, suivi dans le temps ou évaluation d’une action corrective.
Les surfaces humides et poreuses doivent être privilégiées, les siphons apparaissant dans la littérature comme des points fréquemment contaminés.
Les toilettes peuvent également être investiguées, en distinguant précisément les zones prélevées : bride, ligne d’eau, eau résiduelle ou siphon.
La description rigoureuse du site et de la méthode de prélèvement est essentielle pour permettre l’interprétation des résultats et leur comparabilité dans le temps.
L’avis souligne également la nécessité de connaître la date et l’heure du dernier bionettoyage ou de la dernière désinfection.
La présence éventuelle de résidus de désinfectants peut en effet altérer la sensibilité de la recherche microbiologique.
L’utilisation de milieux de transport contenant des neutralisants est donc recommandée chaque fois que possible.
Les écouvillons floqués sont préférés, en raison de leur meilleure capacité de récupération et de relargage bactérien.
Lorsque la surface n’est pas directement humide, l’humidification préalable de l’écouvillon est recommandée.
La SF2H distingue deux niveaux méthodologiques :
- Le niveau « basique », accessible à la majorité des laboratoires hospitaliers, repose principalement sur l’écouvillonnage ou le prélèvement par chiffonnette ou compresse, avec culture sur milieux sélectifs.Une étape d’enrichissement, sélective ou non sélective, est conseillée afin d’augmenter la sensibilité de la méthode.
- Le niveau « intermédiaire/expert » concerne les laboratoires disposant de matériel dédié, notamment pour la filtration sur membrane.Il repose sur le prélèvement d’eau résiduelle de siphon ou de toilettes, avec transport rapide au laboratoire, neutralisation des désinfectants et filtration sur membrane 0,45 µm. Cette approche peut fournir des données semi-quantitatives utiles pour apprécier l’évolution d’une contamination ou l’impact de mesures correctives.
L’interprétation des résultats doit toutefois rester prudente.
Un résultat négatif ne permet pas d’exclure formellement la présence du micro-organisme recherché, en raison des limites de sensibilité des méthodes disponibles.
La SF2H rappelle enfin que ces propositions reposent sur les connaissances disponibles à la date de publication de l’avis et pourront évoluer avec les futures données scientifiques et recommandations nationales ou internationales.
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